Le 21 Septembre 2017  

 

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De Ksar-es-souk à Errachidia

La ville n’est pas seulement ses murs et ses rues, ce sont surtout ses hommes et ses femmes ; ceux qui l’ont construite pierre par pierre, maison par maison et rue par rue. Chaque ville ressemble à ceux qui l’habitent car ils y projettent leurs rêves, leurs idées et leurs actions. Nous habitons tous le rêve de quelqu’un ; hier, c’était celui de nos ancêtres, aujourd’hui, celui des architectes et des décideurs.

Un grand nombres de nos compatriotes se jettent corps et âmes dans la mer pour aller vers l’Eldorado d’El Ejido et d’ailleurs : que nous manquent-ils pour ne pas transformer nos régions en ces paradis où chacun vivra dignement et librement ? Chaque fois qu’une bonne volonté se manifeste des projets fleurissent partout : nous manquent-ils des hommes, des femmes intelligents, de l’argent, les idées ou la force de travail ? Qu’est-ce qui nous manque ?

Je me demande chaque fois si les activités culturelles, économique et politiques tombaient du ciel comme la pluie, le vent et la neige. Je sais que la réponse est non. C’est chacun de nous qui est responsable de la propreté de devant sa porte : il ne suffit pas de montrer les autres du doigt et de tourner les siens à ne rien faire. Celui qui ne met pas la main à la patte ne risque pas de se salir les doigts. C’est bien beau de critiquer tout, assis sur la terrasse d’un café que je ne vais pas nommer, et d’être un antitout passif quand on n’a pas agi (par l’action et non seulement par la parole).

Avant il y avait le Ksar et le souk. La ville elle-même n’existait pas. L’histoire a crée la ville, le temps a emporté les ksars : c’est toute une civilisation millénaire qui disparaît sous nos yeux.

Le ksar a façonné notre identité de Ouarzazate à Figuig en passant pas le Tafilalet : la civilisation du portier, de la séguia pour puiser l’eau, les ruelles sombres et ombrageuses pour se reposer en été, bercé par le ronronnement des moulins de pierre, le respect dû aux voisins et aux vieux, le rythme des saisons : la cueillette des olives, les pressoirs et l’huile qui dégoulinent des scourtins, la cueillette des dattes et l’odeur des palmes qu’on brûlent, le pain et le thé du matin pour les ouvriers dans la palmeraie, les lampes à pétrole des paysans qui irriguent les champs la nuit, les défis des jeunes d’aller déposer un objet sur une tombe encore fraîche, le chapardage des jardins, le battage du grain et la course derrière les ânes pour les ramener à leur propriétaire , les vaches que l’on appelle Lala et dont on fête le baptême des veaux à chaque naissance…Puis l’école, le collège et le lycée pour ceux qui avaient eu la chance d’y accéder : le dépaysement , l’internat pour les plus chanceux et les plus méritants aussi, je crois- et la bienfaisance pour ceux qui n’avaient pas eu de bourses mais tout autant sinon plus méritants encore car ils s’y étaient accrochés malgré la faim, le froid et les brimades. Il faut leur rendre un hommage bien mérité. Je voudrais signaler aussi pour la jeune génération la présence de nos compatriotes juifs dans nos classes et leur complète intégration avec leurs amis musulmans : ils ont appris et réciter leur cours d’éducation islamique, le coran et toutes les autres matières aussi bien en langue arabe qu’en français.

Pour ceux qui venaient directement de leur Ksar vers la ville de Ksar es-souk, le dépaysement étaient complet ; bien qu’il n’y ait que deux ou trois voitures qui y circulaient les rues et les avenues de la ville étaient énormes pour des enfants de dix ans ou douze ans. Mais le mérite de ses élèves n’en étaient pas à négliger. Des instituteurs français venus de Bordeaux, de Nantes, de Paris et de tous les villages de France et de Navarre ont travaillé dans des conditions les plus difficiles à Alnif, Amougger, Oterbat, Talsint, Boudenib, Itzer, quand il n’ y avait ni routes, ni eau courante, ni électricité. La plupart de leurs élèves leur savent gré.

Cette page est ouverte à tous, que chacun y apporte son grain de sel : une anecdote, un souvenir, une photo, le titre d’un livre qui parle de la ville, le souvenir d’un homme ou d’une femme qui y a vécu . Tout est bon pour rallumer et maintenir la flamme de cette mémoire pour nous et pour les générations à venir. Plusieurs personnes nous ont donné leur photo de classe, certaines datent de 1960,62,…. Nous espérons que des liens rompus depuis longtemps se renouent. Cette page n’est pas limitée à Errachidia ville, elle concerne aussi tous les villages et tous les Ksars de la province actuelle et passée ( De Tinrhir à Itzer). Les lycées et les écoles de Errachidia ont réuni dans les mêmes classes des élèves venant de tous les horizons : je salue par la même occasion toutes celles et tout ceux qui ont bien voulu nous apporter leur contribution.

Par : Moha SOUAG
01-01-2005

 
 
Livre

Mohamed AGOUJIL
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